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La posture que nous adoptons en voiture nous aide à concevoir de nouveaux tests de sécurité et des systèmes de retenue améliorés pour les véhicules automatisés.

Jan Hallman, ingénieur principal au Centre de recherche collaborative sur la sécurité de Toyota, dirige des travaux qui étudient la façon dont les passagers changent de position et de posture au cours d’un trajet en voiture et dans les situations d’urgence. Dans cet entretien, il nous explique comment ses recherches contribuent à la conception de la prochaine génération de dispositifs de sécurité.

Quel problème essayez-vous de résoudre par vos recherches?

Notre objectif est de comprendre ce que les gens font dans leur voiture lorsqu’ils ne conduisent pas afin d’améliorer les dispositifs de sécurité dans les voitures automatisées.

La réglementation et les cotes de sécurité actuelles prévoient que les mannequins restent en position verticale, alors qu’en réalité, les passagers s’adonnent à toutes sortes d’activités, comme consulter leur téléphone cellulaire, manger, boire ou bavarder avec les autres passagers. Toutes ces activités peuvent entraîner des variations de posture par rapport à une position strictement verticale.

Mes recherches portent sur les différentes positions qu’adoptent les passagers afin de contribuer au développement de nouveaux tests, de nouvelles technologies et de nouveaux outils susceptibles d’améliorer la sécurité des passagers dans un futur environnement de véhicules automatisés.

Comment avez-vous examiné les différentes positions des passagers en voiture? Qu’avez-vous découvert dans vos conclusions initiales?

En collaboration avec l’Institut de recherche sur le Transport de l’Université du Michigan, nous avons installé des caméras vidéo dans 75 véhicules pour surveiller plus de 300 passagers à l’avant et observer comment leur posture a changé dans le cadre de près de 3 000 trajets.

Nos recherches ont montré que les comportements varient en fonction de la durée du trajet. Sur les longs trajets, la probabilité qu’un passager s’incline dans son siège augmente, tandis que sur les trajets plus courts, les passagers sont plus enclins à engager des conversations. En connaissant la fréquence de ces diverses activités, nous pourrons établir des priorités pour les recherches futures, et mettre au point de nouveaux dispositifs de sécurité ainsi que de nouvelles méthodes d’essai dans un environnement de véhicules automatisés.

Comment appliqueriez-vous vos conclusions aux futurs produits?

Au bout du compte, nous voulons mettre nos recherches et nos données à la disposition de toute l’industrie automobile afin de faire progresser la sécurité pour l’industrie et la société. Dans le cadre de ces efforts, nos données pourraient être mises au service de THUMS (Total Human Model for Safety), un outil de Toyota utilisé dans toute l’industrie pour simuler à l’aide de modèles informatiques les blessures corporelles causées par les collisions. Toyota a récemment annoncé que cet outil serait disponible gratuitement à partir de 2021.

Quelles autres recherches liées à la sécurité avez-vous effectuées sur les postures des passagers?

Nous examinons les postures des passagers dans un certain nombre de scénarios différents afin de contribuer à améliorer les futurs systèmes de sécurité. Par exemple, nous avons réalisé une autre étude en partenariat avec l’Université du Michigan qui a examiné les réactions des passagers à des mouvements brusques du véhicule afin d’observer les changements de posture et de position juste avant un accident. Cette étude a été conçue pour simuler un véhicule automatisé qui pourrait effectuer des manœuvres d’évitement soudaines afin d’éviter un accident. Si un accident devait se produire, les passagers pourraient se retrouver à la suite de ce genre de manœuvres dans une autre position que la position verticale normale. En identifiant ces positions, nous pourrons améliorer les futurs dispositifs de sécurité et ainsi optimiser la protection des passagers.

À l’aide d’un véhicule conçu pour recueillir un large éventail de données anthropométriques sur chaque passager, y compris des examens d’imagerie du corps entier en 3D et des mouvements de la tête des passagers, nous avons observé des passagers volontaires lors de manœuvres d’évitement soudaines et inattendues, notamment des freinages brusques et des embardées, à des vitesses pouvant atteindre 72 kilomètres à l’heure.

Les passagers ont bougé de tellement de façons différentes lors d’un mouvement soudain du véhicule que nous n’avons pas pu prévoir tous les changements à partir des données dont nous disposions. Toutefois, les informations que nous avons recueillies ont fourni un riche ensemble de données qui nous a permis de mettre au point et d’affiner notre modèle THUMS.