BONN (Allemagne), le 16 novembre 2017 – À l’heure où les chefs d’État du monde entier se réunissent à Bonn pour la COP 23, 18 acteurs majeurs de leurs secteurs industriels, réunis dans le cadre du Conseil de l’hydrogène, dévoilent les premières conclusions quantifiées quant au rôle de l’hydrogène à l’échelle mondiale, avec le soutien du consultant McKinsey. Cette étude montre non seulement que l’hydrogène est un pilier essentiel de la transition énergétique, mais aussi qu’il pourrait générer un chiffre d’affaires de 2 500 milliards de dollars américains et créer plus de 30 millions d’emplois d’ici 2050.

 

Cette étude, en anglais, intitulée Hydrogen, Scaling up (La montée en puissance de l’hydrogène) présente une feuille de route précise et complète sur le déploiement de l’hydrogène et sur les possibilités que cette énergie offre dans le cadre de la transition énergétique, confirmant ainsi la vision du Conseil de l’hydrogène.

 

En effet, déployé à grande échelle, l’hydrogène pourrait représenter près d’un cinquième de l’énergie totale consommée d’ici 2050. Cela permettrait de réduire les émissions annuelles de CO2 d’environ 6 gigatonnes par rapport aux niveaux actuels, et représenter environ 20 % des objectifs requis pour atteindre la diminution nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à deux degrés Celsius.

 

Au niveau de la demande, le Conseil de l’hydrogène considère que l’hydrogène pourrait alimenter de 10 à 15 millions de voitures et 500 000 camions d’ici 2030. Cela, sans compter les nombreuses utilisations possibles dans d’autres secteurs, en tant que matière première ou dans les processus industriels, le chauffage et l’alimentation électrique des bâtiments, ainsi que la production et le stockage d’énergie. Globalement, selon cette étude, la demande annuelle d’hydrogène pourrait décupler d’ici 2050 pour atteindre presque 80 EJ et représenter 18 % de la demande énergétique finale totale dans le scénario des deux degrés de 2050. Face à l’explosion démographique, avec une croissance de la population mondiale estimée à deux milliards de personnes d’ici 2050, les technologies de l’hydrogène pourraient engendrer des possibilités dans le cadre d’une croissance économique durable.

 

« Le monde du 21e siècle doit adopter l’utilisation généralisée d’énergies à faibles émissions de carbone », explique Takeshi Uchiyamada, président de Toyota Motor Corporation et coprésident du Conseil de l’hydrogène. « L’hydrogène est une ressource indispensable pour effectuer cette transition, car il peut servir à stocker et transporter de l’électricité d’origine éolienne, solaire ou provenant d’autres sources renouvelables en vue d’une utilisation dans les transports et dans de nombreux autres secteurs. Le Conseil de l’hydrogène a identifié sept rôles pour l’hydrogène. C’est pourquoi nous encourageons les gouvernements et les investisseurs à lui accorder un rôle majeur dans leurs programmes énergétiques. Pour mettre en place l’économie de l’hydrogène, le plus vite sera le mieux, et nous nous engageons tous à faire de cet objectif une réalité. »

 

Pour y parvenir, il faudra faire des investissements considérables, que le Conseil estime entre 20 et 25 milliards de dollars américains par an, soit un montant global d’environ 280 milliards de dollars américains d’ici 2030. Avec un cadre réglementaire adapté (comprenant des mesures coordonnées et incitatives stables et à long terme), l’étude considère qu’il serait envisageable d’attirer les investissements permettant de développer cette technologie. Au niveau mondial, les pays investissent déjà plus de 1 700 milliards de dollars américains par an dans l’énergie, dont 650 milliards de dollars dans le pétrole et le gaz, 300 milliards de dollars dans l’électricité renouvelable et plus de 300 milliards de dollars dans l’industrie automobile.

 

« Cette étude confirme la place de l’hydrogène en tant que pilier central de la transition énergétique et nous encourage à soutenir son déploiement à grande échelle. L’hydrogène sera un vecteur incontournable de la transition énergétique dans certains secteurs et certaines régions. Plus vite nous parviendrons à en faire une réalité, plus vite nous serons en mesure de faire profiter nos économies et nos sociétés des avantages indispensables de l’hydrogène », explique Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide. « Les solutions sont matures sur le plan technologique, et des acteurs industriels se sont déjà engagés. Nous avons désormais besoin d’efforts concertés de toutes les parties prenantes pour que cette ambition se matérialise. C’est la mission du Conseil de l’hydrogène. »

 

Le lancement de cette feuille de route a eu lieu dans le cadre du Forum pour l’innovation durable, en présence de 18 membres de la direction du Conseil de l’hydrogène, coprésidé par Takeshi Uchiyamada, président de Toyota, et Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide, accompagnés par le professeur Aldo Belloni, président-directeur général de The Linde Group, Woong-chul Yang, vice-président de Hyundai Motor Company, et Anne Stevens, membre du conseil d’administration d’Anglo American. Pendant ce lancement, les membres du Conseil de l’hydrogène ont appelé les investisseurs, les régulateurs et les entreprises à se joindre à eux pour accélérer le développement des solutions faisant appel à l’hydrogène en vue de la transition énergétique. On a également annoncé que Woong-chul Yang, de Hyundai Motor Company, succéderait à Takeshi Uchiyamada, de Toyota, pour assurer en 2018 la coprésidence tournante du Conseil aux côtés de Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide. M. Uchiyamada compte reprendre la coprésidence en 2020, ce qui coïncidera avec les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, événements qui s’avéreront importants pour mettre en vitrine la société et la mobilité basées sur l’hydrogène.

 

Étude Hydrogen, Scaling up – Principales leçons tirées[1]

 

 

À propos du Conseil de l’hydrogène :

Lancé lors du Forum économique mondial de Davos, au début de 2017, le Conseil de l’hydrogène est la première initiative mondiale du genre qui entend faire valoir le rôle que les technologies faisant appel à l’hydrogène joueront dans la transition énergétique. Le Conseil est actuellement composé de 18 multinationales de premier rang : Air Liquide, Alstom, Anglo American, Audi, BMW GROUP, Daimler, ENGIE, General Motors, Honda, Hyundai Motor, Iwatani, Kawasaki, Plastic Omnium, Royal Dutch Shell, Statoil, The Linde Group, Total et Toyota. Il comprend en outre dix acteurs dynamiques de la chaîne de valeur : Ballard, Faber Industries, Faurecia, First Element Fuel (True Zero), Gore, Hydrogenics, Mitsubishi Corporation, Mitsui & Co, Plug Power et Toyota Tsusho. La coalition représente un chiffre d’affaires global supérieur à 1 500 milliards d’euros et plus de 2 millions d’emplois dans le monde[2]. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : www.hydrogencouncil.com.  

 

À propos des réunions du Conseil de l’hydrogène à la COP 23 :

Le Conseil se réunira dans le cadre de la COP 23 pour conclure sa première année d’activité. Pendant leur séjour à Bonn les 13 et 14 novembre 2017, les présidents-directeurs généraux et autres dirigeants participeront à une série de tables rondes de haut niveau et de rencontres avec les décideurs politiques, les médias et l’ensemble des parties prenantes.

 

Le Conseil de l’hydrogène est dirigé par deux coprésidents issus de deux régions et secteurs différents, élus par des membres du comité directeur pour un mandat de deux ans, un seul mandat étant renouvelé chaque année afin d’assurer la continuité de la présidence.

 

À propos de l’hydrogène

L’hydrogène est un vecteur énergétique polyvalent, propre et sans danger, utilisable pour produire de l’énergie ou comme matière première dans l’industrie. L’hydrogène peut être produit à partir d’électricité (renouvelable) et de combustibles fossiles à faibles émissions de carbone, et il ne produit aucune émission au point d’utilisation. Les applications de l’hydrogène ne cessent de se développer, notamment parce qu’il peut être stocké et transporté à haute densité énergétique sous forme liquide ou gazeuse, et qu’il peut être brûlé ou utilisé dans des piles à combustible pour produire de la chaleur et de l’électricité. Cette polyvalence confère à l’hydrogène un rôle essentiel dans plusieurs secteurs (transports, industriel, résidentiel) ainsi que pour le stockage à grande échelle des énergies renouvelables. À ce titre, il représente une solution prometteuse pour surmonter les défis de la transition énergétique.

 

[1] SOURCE : Conseil de l’hydrogène; IEA ETP Hydrogen and Fuel Cells CBS; National Energy Outlook 2016.

[2] Chiffres des entreprises pour les exercices 2015 et 2016.